Les deux versions de Kid dialoguent comme deux faces d’un même système d’injonctions de genre, en miroir masculin / féminin.

Chez Eddy de Pretto, le texte met à nu la “virilité abusive” imposée au garçon par le père, entre culte du corps, rejet des émotions et peur du “rose” associé au féminin. L’anaphore “Tu seras viril mon kid” fonctionne comme un martèlement éducatif, qui transforme la construction de soi en dressage, sur fond de masculinité toxique et de contrôle des affects. La musique, plutôt minimaliste, renforce cette tension : voix mise en avant, diction parfois heurtée, qui laisse affleurer la fragilité sous la carapace.

Barbara Pravi conserve la trame mélodique mais réécrit le texte pour déplacer le projecteur vers les injonctions adressées aux filles. “Tu seras habile ma fille” répond directement à “Tu seras viril mon kid” et déconstruit l’éducation au “sois belle, douce, en rose, et tais-toi”. Là où de Pretto montre la violence de la norme masculine, Pravi fait entendre le poids des attentes de docilité et de conformité féminines, tout en y injectant une dimension plus explicitement politique, avec la référence aux luttes des générations précédentes et à la possibilité de choisir sa vie.

Même socle musical, même structure injonctive, mais deux nouvelles qui se répondent, l’une sur la fabrication des “vrais hommes”, l’autre sur celle des “bonnes filles”, pour dénoncer au final un même système de genre contraignant.

https://www.youtube.com/watch?v=XfbM3LD0D9Q

https://youtu.be/ilGhJmfxi30

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